J'ai écrit il ya un certain temps avoir toujours éprouvé un certain intérêt pour le personnage de John Dillinger. Intérêt ne veut pas dire fascination. J'ai en effet, on l'a lu, un problème avec ceux qui glorifient, au nom dont ne sait quelle rébellion, les gangsters et hors la loi de tout poil, qu'ils soient un très réel Mesrine ou un très fictionnel Tony Montana. C'est un peu le problème du pourtant très estimable « Public Enemies » que le doué Michael Mann vient de consacrer à la traque du célèbre pilleur de banque par l'agent du FBI Melvin Purvis. Si le film est bon, il sacrifie par trop à la thématique du perdant magnifique, semblant souvent perdre de vue que, s'il sut se gagner la sympathie du public par un sens du spectacle et de la dérision il est vrai assez poussé, Dillinger n'en était pas moins un homme dangereux et à la moralité pour le moins discutable. Ce défaut est heureusement quelque peu contrecarré par une excellente interprétation de Johnny Depp*, qui parvient à merveille à faire saisir le point de rupture sur lequel évolue en permanence son personnage, entre sarcasme bouffon et bouffées de violence difficilement contrôlée. Certes, John Dillinger n'était pas un tueur compulsif et à la limite du psychopathe, contrairement à Lester Gillis, aka Baby Face Nelson**, mais le fait qu'il ait pu travailler avec lui, fut ce avec réticence, en dit long sur le peu de scrupules qui l'animaient réellement.
Les puristes et autres connaisseurs critiqueront aussi certaines libertés prises avec la réalité historique : Nelson ne mourut pas au matin de la fusillade de Little Bohemia (22 avril 1934), mais fut tué à Barrington le 27 novembre 1934, et Melvin Purvis n'était pas présent. De même, la liaison entre Billie Frechette et Dillinger n'était certainement pas la passion romantique que Mann décrit entre Depp et Marion Cotillard (elle aussi excellente dans son rôle). Mais ces détails n'empêchent pas le film de fonctionner de bout en bout, que ce soit au niveau du spectaculaire comme à celui de la réflexion, Mann proposant tout de même une vision du banditisme des années trente jamais dépourvue de sens ni d'intelligence.
Il faut donc, malgré ces réserves, voir « Public Enemies »
*Que j'avais préjugé, à tort, un peu trop lisse pour le rôle.
**Ici joué par un Stephen Graham dont le talent n'est pas en cause, mais un peu trop âgé pour correspondre à l'image qu'on a du tueur.
Les puristes et autres connaisseurs critiqueront aussi certaines libertés prises avec la réalité historique : Nelson ne mourut pas au matin de la fusillade de Little Bohemia (22 avril 1934), mais fut tué à Barrington le 27 novembre 1934, et Melvin Purvis n'était pas présent. De même, la liaison entre Billie Frechette et Dillinger n'était certainement pas la passion romantique que Mann décrit entre Depp et Marion Cotillard (elle aussi excellente dans son rôle). Mais ces détails n'empêchent pas le film de fonctionner de bout en bout, que ce soit au niveau du spectaculaire comme à celui de la réflexion, Mann proposant tout de même une vision du banditisme des années trente jamais dépourvue de sens ni d'intelligence.
Il faut donc, malgré ces réserves, voir « Public Enemies »
*Que j'avais préjugé, à tort, un peu trop lisse pour le rôle.
**Ici joué par un Stephen Graham dont le talent n'est pas en cause, mais un peu trop âgé pour correspondre à l'image qu'on a du tueur.