Fuorileggi

Fuorileggi
Coïncidence. Alors même que je faisais allusion ici même hier soir à l'enlèvement d'Aldo moro, l'événement en question faisait son apparition à l'issue du quatrième épisode de « Romanzo Criminale – La Série », actuellement diffusé sur Canal +*.

Le livre de Giancarlo de Cataldo, déjà porté à l'écran par Michele Placido, fait en effet l'objet d'une nouvelle adaptation. La durée liée au contexte d'une série télévisée permet de mettre à l'écran bien des éléments gommés chez Placido, et d'approfondir le background des personnages, leurs relations, leur profil psychologique. Et la matière de l'½uvre est tellement dense et riche qu'elle supporte sans peine et sans générer de sentiment de longueur et d'ennui ces ajouts, voire ces digressons. Brillamment réalisée par Stefano Sollima, fils du grand Sergio, et interprétée, dotée d'une reconstitution très réaliste des années 70**, cette série a été vue en Italie comme le versant noir de « Nos Meilleures Années ». Elle est en tout cas un témoignage précieux sur une période clé pour qui veut comprendre l'Italie de la seconde moitié du XX° siècle, et mériterait une audience plus large que cette diffusion estivale sur une chaine cryptée.

Espérons qu'une édition DVD saura lui rendre justice.


*Pour une fois que je vais parler de Canal + sans les critiquer...

**Chipotons : « Albachiara », de Vasco Rossi, que Il Freddo et Roberta écoutent à la Fête Foraine, scène située chronologiquement avant celle de l'enlèvement d'Aldo Moro (16 mars 1978) apparait en fait dans un album de 1979, « Non Siamo Mica Gli Americani »...
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# Posté le mardi 14 juillet 2009 03:31

De ce qu'il advint en 1978

De ce qu'il advint en 1978
Il faudra, un jour, que je reparle de l'Affaire Moro, et de ce qu'elle a représenté et représente encore dans ma mémoire comme dans mon imaginaire.

Un jour, peut être.
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# Posté le lundi 13 juillet 2009 13:29

Il Caso Volontè

Il Caso Volontè
« Le Dernier Face à Face » me donne par ailleurs l'occasion de rendre hommage à Gian Maria Volontè, acteur étonnant un peu oublié aujourd'hui*. Vieux compagnon de route du Partito Communista Italiano, Volonte est souvent plus rappelé, maintenant, pour son engagement que pour son talent protéiforme. Et pourtant ! S'il fréquenta peu le Western Italien, il y créa à chaque fois des personnages inoubliables : Ramon Rodos, le despote sociopathe qu'affrontait l'Homme Sans Nom Clint Eastwood dans « Pour Une Poignée de Dollars », L'Indio de « Et Pour Quelques Dollars De Plus », préparant ses coups dans la fumée de la Marijuana, le naïf et fruste « El Chuncho », du film homonyme, dont la prise de conscience révolutionnaire au final reste un des grands moments du cinéma de genre, Brett Fletcher, enfin, l'intellectuel devenant un monstre dans « Faccia a Faccia ».

Par la suite, ce furent les grands rôles politiques, « Sacco et Vanzetti »**, le troublant « Enquête Sur Un Citoyen Au Dessus De Tout Soupçon», « L'Affaire Mattei », « Viol En Première Page », « La Classe Ouvrière Va Au Paradis », « Lucky Luciano »... Il fut même Aldo Moro à deux reprises, métaphoriquement d'abord dans le très abscons « Todo Modo » puis littéralement dans « Il Caso Moro », qui revenait sur l'enlèvement et la mort du politicien.

Volontè est mort depuis 15 ans. Il serait bon que l'on se souvienne de lui, parfois.


Gian Maria Volontè, 09.04.1933 – 06.12.1994


*Comme, décidemment, beaucoup de gens dont je parle ici.

**Et son obsédante ritournelle orchestrée par Morricone et chantée par Joan Baez.
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# Posté le lundi 13 juillet 2009 13:24

Outlaws, mais plus anciens

Outlaws, mais plus anciens
Bien que tout son historique, naissance, âge d'or et décadence, s'inscrive dans le cycle de ma jeunesse, enfance et adolescence, je n'ai guère été fan de western italien*. Du moins jusqu'à ces dernières années. Est-ce l'âge, est ce l'expérience, est - une connaissance accrue du style en particulier et du cinéma en général, toujours est il que je découvre de plus en plus les splendeurs cachées de ce genre aujourd'hui disparu, et avec de plus en plus de plaisir et d'intérêt. Ainsi, cet après midi, j'ai vu ce qui est surement un des films les plus intéressants non seulement de ce domaine précis mais aussi, peut être, de tout le cinéma italien des années 60. Ce « Dernier Face à Face »**, réalisé par l'excellent Sergio Sollima en 1967, est non seulement un western de très grande classe mais une parabole politique à la pertinence jamais prise en défaut.

Le film conte l'histoire d'un intellectuel débarquant au Texas et que le hasard fait rencontrer un redoutable hors la loi. A son contact, il découvrira la violence, et le pouvoir qu'elle peut donner, au point de se transformer lui même en chef de bande dictatorial, à la limite du fascisme, dont les errances conduiront au massacre la communauté qu'il dirige. Jusqu'à ce que celui qui fut son mentor le tue, paradoxalement par sens de la justice. Ce duel est à la fois suivi et orchestré par un policier de l'agence Pinkerton, que le final laissera éc½uré par toutes les exactions et trahisons auxquelles il aura assisté. Sur cette trame extrêmement pessimiste autant qu'engagée, Sollima construit un récit vigoureux, jamais didactique ni complaisant, qui passionne de bout en bout. Il est aidé par un trio d'acteurs d'une rare intelligence : Gian Maria Volontè, pas encore la grande conscience du cinéma politique qu'il allait devenir mais déjà bien engagé, est le professeur embrassant un destin de tueur, Tomas Milian le bandit acquérant le sens de l'équité et de la justice par opposition à la violence exacerbée dont il est le témoin, et William Berger est le policier, tour à tour traitre et allié objectif, dont le rôle dans le drame sera essentiel.

Le film subit de nombreuses coupures en France. Il est maintenant restitué dans sa version intégrale. Et retrouve ainsi le statut qui aurait du être le sien, celui d'un des films les plus intelligents et les plus passionnants de son temps.


*Vous ne trouverez, sous ma virtuelle plume, le terme « Spaghetti Western », qui m'a toujours fait horreur.

**Le titre italien parlait seulement de « Faccia a Faccia ». Pourquoi le traducteur français l'a –t-il vu « Dernier » restera un mystère. Et on ne parlera pas des distributeurs qui eurent ensuite l'idée de ressortir le film en l'intitulant « Il Etait Une Fois En Arizona »...
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# Posté le dimanche 12 juillet 2009 17:26

Modifié le lundi 13 juillet 2009 13:22

Outlaws (2)

Outlaws (2)
Il y a de cela trente six ans, le controversé John Milius, après (et avant) d'autres avait déjà porté à l'écran la course tragique de Johnny dans un film sobrement appelé « Dillinger ». Le film était passé si vite sur les écrans français que je n'eus l'occasion de le découvrir que bien plus tard, en VHS. Tablant à l'avance sur le succès du film de Mann, un éditeur DVD a eu l'excellente idée de le rééditer, dans une édition simple et à bas prix, ce qui est largement suffisant pour les amateurs*.

Loin des envolées lyriques de Mann, Milius privilégie une relation sèche et rapide des évènements, là aussi quelques peu arrangés (encore la mort de Baby Face Nelson, et la discutée participation de Pretty Boy Floyd aux équipées de la bande), le tout sur un rythme trépidant rendant hommage aux classiques du film noir des grandes années.

Le film bénéficie par ailleurs d'une remarquable interprétation : le grand Warren Oates, dans un de ses rares rôles de premier plan, est un Dillinger remarquablement crédible, de même que Ben Johnson est un Purvis implacable et glaçant de détermination. A leurs côtés, Harry Dean Stanton et Geoffrey Lewis ne déméritent pas, et un tout jeune Richard Dreyfuss campe un Baby Face Nelson poupin et dangereux tout à fait épatant. Michelle Philips**, enfin, est une Billie Frechette moins flamboyante mais peut être plus proche de la réalité que Marion Cotillard chez Michael Mann.

Il est heureux que cette soudaine remise en lumière de Dillinger ait pu provoquer cette réédition. Le DVD se doit de figurer dans la DVDthèque de tout honnête cinéphile qui se respecte.


*Une question en passant : les fameux bonus des éditions collector, vous les regardez combien de fois, vous ? Et d'ailleurs, les regardez-vous vraiment ?

**Une des deux chanteuses des Mamas & Papas, qui tentait là sa reconversion en tant qu'actrice.
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# Posté le dimanche 12 juillet 2009 16:07