J'ai profité de mes vacances* pour regarder un certain nombre de films**, notamment des films d'horreur car c'est ce dont j'avais envie en ce moment***, et puis, après avoir eu ma dose de massacres, m'est venue l'irrésistible désir de revoir « Sapore di Mare » et « Sapore di Mare 2 : Un Anno Dopo », deux films dont je vous avais déjà parlé (en 2006, ça ne nous rajeunit pas !). Et j'y ai pris autant de plaisir qu'aux visions précédentes, voire plus.
Les deux films racontent plus ou moins la même histoire, les amours et amourettes de jeunes italiens (plus une anglaise) des années 60, en plein été dans la station balnéaire populaire de Forte dei Marmi. Il ya le fanfaron, la fille timide, la libérée de service (c'est l'Inglesina, bien entendu), l'amoureux transi et celui qui voudrait jouer le Blé en Herbe avec l'amie de ses parents. On se perd, on se retrouve, on se lance des défis bouffons et les quiproquos vont bon train, jusqu'à l'inévitable fin de l'été. C'est léger, frais, exempt de vulgarité, et l'on passe là de bien agréables moments.
Mais ce qui fait, bizarrement, le prix des deux films, c'est leur conclusion. Les deux fois, le metteur en scène**** nous montre ses protagonistes vingt ans après leurs fameuses vacances, et chaque fois l'épilogue laisse flotter un parfum d'amertume qui chamboule grandement la perception qu'on avait jusque là du film.
Dans le premier, nous voyons deux couples, l'un heureux, Paolo et Susan, l'autre, Marina et son mari anonyme, apparaissant un peu plus décalé même si rien ne le dit. Gianni et Selvaggia, les deux amoureux qui s'aimaient avant le début de l'histoire sont en revanche devenus deux inconnus l'un pour l'autre. Quand aux deux frères jadis un peu bouffons, le trublion Luca et le Don Juan de bazar Felicino ils sont restés deux mondains superficiels, exhibant deux top models qu'ils abreuvent de champagne. Ce jusqu'à ce que Marina s'en vienne saluer Luca, qui l'avait aimé vingt ans avant et qu'il ne reconnait pas avant que, elle partie, Felicino ne lui rappelle qui elle est. Vient alors l'ultime séquence, où Luca fait passer à Marina sur le départ un petit mot disant toute la tendresse qu'il a encore pour elle, et qu'il ignorait encore quelques instants auparavant. Dans ses mots, et surtout dans le regard, tout à coup empli des mille regrets d'une vie qu'il sent tout à coup gâchée, Luca fait passer chez le spectateur un frisson de nostalgie qui hisse le film un cran au dessus de ce qu'on en avait jusque là pensé.
Si ce premier épilogue se montre doux-amer, celui du second lui, des plus pessimistes. S'il débute sur une note humoristique, via le couple Reginella-Maurizio et les filles des deux jumeaux Pucci, il ne laisse aucune chance à Uberto et Alina, qu'on a quittés amoureux triomphants de l'adversité et qu'on retrouve mal mariés, la haine et le mépris ayant remplacé la tendresse. Et si Gianni et Selvaggia semblent enfin se retrouver, c'est sur deux solitudes que se clôt le film, la femme entretenue Tea et le séducteur adolescent devenu un Play boy un peu sur le retour, qui feront peut être un bout de chemin ensemble, mais qui pour l'instant préfère, de la terrasse, regarder sur la plage d'autres garçons et d'autres filles qui, comme eux, jouent à leur âge le brouillon de leur quinze ans*****. Tandis que, dans la salle, le grand Gino Paoli chante « Sapore di Sale », et ceux qui ne connaissent ni le chanteur ni la chanson ne savent pas ce qu'ils perdent.
Vous l'aurez compris, j'aime beaucoup ces deux films, et il est bien regrettable qu'ils ne soient pas visibles par chez nous. Bon, si vous êtes italianophones (et/ou intéressés) vous pouvez toujours me contacter, je vous les procurerai avec plaisir. En attendant, vous pouvez en rêver. Comme j'en rêve aussi, et à tout ce qu'ils m'ont inspiré, et dont je vous reparlerai surement très vite. N'ayez crainte...
*En Bretagne, et c'était très agréable...
**En général sur mon Archos, vautré au fond de la chambre, pendant que ma compagne et le chien faisaient la sieste.
***Je viens d'ailleurs de commencer à visionner l'intégrale des « Vendredi 13 », 12 films quand même, téléchargés de la plus répréhensible des façons. On en reparlera surement.
****Carlo Vanzina, fils du grand Steno, pour le premier, Bruno Cortini pour la séquelle.
*****Phrase piqué dans « Un Eté de Porcelaine », grande chanson du grand Mort Shuman.
Les deux films racontent plus ou moins la même histoire, les amours et amourettes de jeunes italiens (plus une anglaise) des années 60, en plein été dans la station balnéaire populaire de Forte dei Marmi. Il ya le fanfaron, la fille timide, la libérée de service (c'est l'Inglesina, bien entendu), l'amoureux transi et celui qui voudrait jouer le Blé en Herbe avec l'amie de ses parents. On se perd, on se retrouve, on se lance des défis bouffons et les quiproquos vont bon train, jusqu'à l'inévitable fin de l'été. C'est léger, frais, exempt de vulgarité, et l'on passe là de bien agréables moments.
Mais ce qui fait, bizarrement, le prix des deux films, c'est leur conclusion. Les deux fois, le metteur en scène**** nous montre ses protagonistes vingt ans après leurs fameuses vacances, et chaque fois l'épilogue laisse flotter un parfum d'amertume qui chamboule grandement la perception qu'on avait jusque là du film.
Dans le premier, nous voyons deux couples, l'un heureux, Paolo et Susan, l'autre, Marina et son mari anonyme, apparaissant un peu plus décalé même si rien ne le dit. Gianni et Selvaggia, les deux amoureux qui s'aimaient avant le début de l'histoire sont en revanche devenus deux inconnus l'un pour l'autre. Quand aux deux frères jadis un peu bouffons, le trublion Luca et le Don Juan de bazar Felicino ils sont restés deux mondains superficiels, exhibant deux top models qu'ils abreuvent de champagne. Ce jusqu'à ce que Marina s'en vienne saluer Luca, qui l'avait aimé vingt ans avant et qu'il ne reconnait pas avant que, elle partie, Felicino ne lui rappelle qui elle est. Vient alors l'ultime séquence, où Luca fait passer à Marina sur le départ un petit mot disant toute la tendresse qu'il a encore pour elle, et qu'il ignorait encore quelques instants auparavant. Dans ses mots, et surtout dans le regard, tout à coup empli des mille regrets d'une vie qu'il sent tout à coup gâchée, Luca fait passer chez le spectateur un frisson de nostalgie qui hisse le film un cran au dessus de ce qu'on en avait jusque là pensé.
Si ce premier épilogue se montre doux-amer, celui du second lui, des plus pessimistes. S'il débute sur une note humoristique, via le couple Reginella-Maurizio et les filles des deux jumeaux Pucci, il ne laisse aucune chance à Uberto et Alina, qu'on a quittés amoureux triomphants de l'adversité et qu'on retrouve mal mariés, la haine et le mépris ayant remplacé la tendresse. Et si Gianni et Selvaggia semblent enfin se retrouver, c'est sur deux solitudes que se clôt le film, la femme entretenue Tea et le séducteur adolescent devenu un Play boy un peu sur le retour, qui feront peut être un bout de chemin ensemble, mais qui pour l'instant préfère, de la terrasse, regarder sur la plage d'autres garçons et d'autres filles qui, comme eux, jouent à leur âge le brouillon de leur quinze ans*****. Tandis que, dans la salle, le grand Gino Paoli chante « Sapore di Sale », et ceux qui ne connaissent ni le chanteur ni la chanson ne savent pas ce qu'ils perdent.
Vous l'aurez compris, j'aime beaucoup ces deux films, et il est bien regrettable qu'ils ne soient pas visibles par chez nous. Bon, si vous êtes italianophones (et/ou intéressés) vous pouvez toujours me contacter, je vous les procurerai avec plaisir. En attendant, vous pouvez en rêver. Comme j'en rêve aussi, et à tout ce qu'ils m'ont inspiré, et dont je vous reparlerai surement très vite. N'ayez crainte...
*En Bretagne, et c'était très agréable...
**En général sur mon Archos, vautré au fond de la chambre, pendant que ma compagne et le chien faisaient la sieste.
***Je viens d'ailleurs de commencer à visionner l'intégrale des « Vendredi 13 », 12 films quand même, téléchargés de la plus répréhensible des façons. On en reparlera surement.
****Carlo Vanzina, fils du grand Steno, pour le premier, Bruno Cortini pour la séquelle.
*****Phrase piqué dans « Un Eté de Porcelaine », grande chanson du grand Mort Shuman.

