Pour rire à la Française

Pour rire à la Française
Me voilà de retour avec une de mes marottes, à savoir l'immense talent fichtrement oublié de Robert Dhéry, dont je regardais hier « La Belle Américaine ».

Réalisé en 1961, ce film est une des plus belles réussites du Branquignol de génie qu'était Dhéry. Coécrit avec Pierre Tchernia, il nous narre l'histoire d'un français moyen qu'un hasard fait entrer en possession de la Belle Américaine du titre, une voiture de luxe comme on en voyait peu en France en ce temps là. Ce temps là, c'est celui, évanoui, des petites usines, des quartiers de Paris où l'on vit encore comme dans un village, et où posséder une décapotable apparait comme le summum du luxe. Sur cette trame des plus simples, Dhéry et Tchernia brodent une longue succession de gags verbaux ou visuels, utilisant au mieux les innombrables talents embarqués dans l'aventure, complices habituels des Branquignols tels bien entendu Colette Brosset, Jacques Legras, Duvaleix, Carmet, Serrault, Jean Richard, Robert Rollis, Jean Lefebvre, Pierre Dac, Alfred Adam, et le fabuleux Louis De Funes dans un double rôle d'anthologie. A ces habitués s'ajoutent Jacques Balutin, Roger-Pierre et Jean-Marc Thibault, Claude Piéplu, Bernard Lavalette, Christian Marin, Grosso et Modo, Jacques Fabbri ou, plus inattendu, Jacques Charrier. L'enumeration peut sembler fastidieuse, mais est voulu, car elle veut souligner ce qui ressort instantanément à la vision du film : c'est une ½uvre de copains, issue d'un cinéma qui n'a plus cours aujourd'hui, où l'on tournait visiblement autant* pour le plaisir que pour le succès. Plaisir, précisons le, de l'équipe mais aussi, surtout, du spectateur. Et ce n'est pas le moindre des charmes de ces films que de respecter si évidemment un public à qui, sans prétention aucune, on s'efforce d'offrir un spectacle de qualité, fait avec c½ur, finesse et intelligence. On a suffisamment décrié le cinéma comique français pour n'en pas reconnaitre d'aussi éclatantes réussites, et ceux pour qui le terme suranné de « Cinéma du samedi soir » est synonyme de médiocrité sont décidément dans l'erreur.

Robert Dhéry était un grand. Je ne le dirais jamais assez.



*Si ce n'est plus.
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# Posté le mardi 03 novembre 2009 05:53

Que vienne l'oubli...

Que vienne l'oubli...
Je protestai l'autre soir contre mes damnés collègues de travail qui ignoraient, pour une large part, qui était Mary Travers. J'ai eu hier le bonheur de découvrir qu'il y avait pire. Ouvrant un de ces quotidiens gratuits qui représentent, pour beaucoup, le seul lien avec l'actualité, j'eus l'occasion de m'exclamer : « Waouh, une exposition sur Fellini ! », ce qui m'attira un concert de « Exposition sur qui ? »*. Ce pourrait être drôle si ce n'était si triste. Nous sommes en 2009 et il y a déjà une génération qui ignore celui qui fut un des plus grands cinéastes du siècle passé. J'exagère surement, mais j'ai peur. Le manque croissant de culture, d'intérêt apporté à ce qui n'est pas purement actuel et factuel, me navre. Et je ne parle même pas de la réponse classique que l'on me fait lorsque je célèbre un de ces vieux clous dont l'½uvre ou le souvenir me ravissent le c½ur, à savoir : « Mais ce n'est pas ma génération ». Le credo d'aujourd'hui, c'est de ne s'attacher qu'à ce qui est de son temps. Exit donc, si l'on veut bien raisonner ainsi, Mozart, Michel Ange et John Fogerty. Et donc adieu Fellini.

Il y a longtemps que l'on répète, tel un mantra, place aux jeunes. Je pense qu'en oubliant les anciens, les jeunes d'aujourd'hui se préparent un monde où la vacuité sera reine, à jamais. Triste futur...


*Sur quoi, osèrent même certains.

# Posté le jeudi 22 octobre 2009 15:53

Magic

Distraction de ma part ? Indifférence coupable d'une société qui n'a plus de mémoire ? Je n'ai appris qu'hier que Mary Travers était décédée, et ce depuis le 16 septembre.

Inutile de vous dire que quand je suis arrivé ce matin au travail en annonçant la nouvelle, je n'ai récolté que des : Mary Qui ? Et même en précisant que la dame était le tiers féminin du trio Peter, Paul & Mary, je n'ai pas soulevé d'avantage d'échos. Nous vivons dans un monde qui a oublié Peter, Paul & Mary, et c'est presqu'aussi triste que la mort solitaire de Mary Travers.

Pour mémoire, rappelons que, à la grande époque du folk, Peter, Paul & Mary firent beaucoup pour populariser les chansons d'un certain Bob Dylan, que « Leaving On A Jet Plane », écrite par John Denver, reste une des plus jolies chansons des sixties, et que « 500 Miles » fut un tube monstrueux en France, chantée sous le titre « J'Entends Siffler Le Train » par Richard Anthony. Pour les cinéphiles, signalons aussi que « Puff, The Magic Dragon » fit l'objet d'un gag inoubliable en 2000 dans « Meet The Parents » (« Mon Beau Père et Moi »).


Réécoutez Mary Travers, et ses complices Peter Yarrow et Noel « Paul » Stookey. Vous ne vous en porterez que mieux...


Mary Allin Travers, 09.11.1936 – 16.09.2009
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# Posté le samedi 17 octobre 2009 14:03

Arriva Gino

Et ce serait triste de vous laisser dans l'ignorance, donc, place à Gino Paoli et « Sapore di Sale ».
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# Posté le lundi 05 octobre 2009 17:07

Sapore di Nostalgia

Pour que vous vous fassiez une idée, le final de « Sapore di Mare ». Moi, ça m'émeut. Mais vous avez le droit de trouver ça niaiseux. Abstenez vous juste de me le dire.

Détail en passant, le brillant Riccardo Cocciante chante sur cette scène la très belle « Celeste Nostalgia », et rien que pour cela nous lui pardonnerons d'avoir écrit « Notre Dame de Paris » avec Plamondon.
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# Posté le lundi 05 octobre 2009 17:01

Modifié le mardi 03 novembre 2009 06:26