"Les Vacanciers" fournissent un autre et non moins merveilleux exemple de ce que pouvait être le cinéma comique de nos folles années. On le doit à Michel Gérard, sympathique artisan à qui on doit aussi les (sûrement) remarquables "Mais qui donc m'a fait ce bébé?", "Arrètes ton char, bidasse", ou encore "T'es folle ou quoi?" (avec Aldo Maccione, certes, mais aussi, plus inattendu, Fabrice Luchini, qui s'en vante rarement).
Dans "Les Vacanciers", Mr. Chaton (Paul Preboist) et sa petite famille ont loué un appartement en Alsace, qui s'avère être en fait le grenier de la maison. Le sous loueur est Aloïs Frankensteinmuhl, viticulteur joué tout en roulements d' yeux et vociférations par le toujours sobre Galabru. Frankensteinmuhl est le maire du village, mais ce détail n'a aucune importance dans le récit. De toute façon, il n'y a pas non plus de récit à proprement parler. Preboist fait l'oiseau (le "Pooaap", un oiseau africain, explique-t-il), ses enfants batifolent nus dans le jardin, Galabru tonitrue, et débarque Alice Sapritch, tante excentrique qui copine avec les vacanciers et finit par perdre la maison de Galabru au poker, au profit du fils de Preboist. Galabru tente de tuer Sapritch avec un ballon de volley explosif, mais c'est la maison qui saute (enfin, un boum et un peu de fumée sortant d'une fenêtre). Galabru se retrouve en chaise roulante, plâtré des pieds à la tête, et Preboist, de retour à Paris, trouve son appartement sous loué, à son insu, par son fils.
DE - SO - (PI) – LANT ! Pas un gag drôle de tout le film. Les acteurs "confirmés" cabotinent à qui mieux. Les jeunes débutent et sont fades à mourir, même quand ils perdent leur culotte et le reste. Dans une hallucinante scène de fête à la maison, la Sapritch chante une chanson dont les paroles méritent d'être citées :
"Banane ananas noix de coco,
Ca se mange, ça se boit
Banane ananas noix de coco,
Avec du sucre et de l'eau."
On croit rêver, hélas tout est vrai. Comme quoi le cinéma comique des années soixante dix, c'était quelque chose. On ne sait pas quoi, mais quelque chose, ça c'est sur!
Et l'on ne peut donc que demander à M6 de ne pas hésiter à nous ressortir d'autres vieilleries du même acabit. Nous ne garantissons pas que nous allumerons la télé, mais l'initiative ne manquerait pas de piquant....
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